Ces notions, par différent angles ou aspects, définissent un état de conscience « d'alerte nouveauté » ou, pour le dire autrement, l'état d'être ici et maintenant.
A ce titre, les ouvrages de Eckart Tolle (le pouvoir du moment présent – Mettre en pratique le pouvoir du moment présent et L'art du calme intérieur) m'ont été d'un grand bénéfice. Le silence intérieur préconisé m'a permis de renouer plus profondément avec le rappel de soi et l'auto-observation.
Toutefois il restait comme une contradiction entre
- l'idée d'un cheminement intérieur, le changement radical ou la révolution de la conscience présenté par la gnose et
- ce que le courant sur la non-dualité présente comme un éveil qui se suffit à lui-même.
Une réponse m'est finalement apparu en lien avec la psychologie révolutionnaire.
Concrètement je ne vois plus de contradiction même si on peut considérer et garder à l'esprit que ces deux formes d'enseignements empruntent sans doute des chemins différents dans leur finalité plus profonde.
Mais si on en revient aux prémices de ce qui constitue l'éveil, l'état intérieur correct, le travail intérieur, etc. il n'y a pas lieu de s'en faire un problème, d'autant que nous sommes dans l'urgence de commencer à s'éveiller, ce qui reste pour moi une première difficulté tout juste esquissée.
C'est le chapitre II, l'échelle merveilleuse qui me semble apporter une réponse.
Bien que j'ai lu ce chapitre de nombreuse fois, je n'avais pas compris un point : l'échelle concerne un état d'être, une verticale atemporelle.
Et c'est cela qui est difficile à comprendre si on ne l'a pas vécu en quelque sorte. Parce que bien que l'on puisse le dire et l'accepter intellectuellement, finalement, la gymnastique mentale ne fait que ramener cette échelle verticale à notre notion du progrès qui s'inscrit forcément dans une temporalité, avec un avant et un après. Le langage en tant que tel ne permet pas de sortir de cet amalgame entre progrès/cheminement et temporalité.
Aussi il me semble salvateur de délaisser cet attachement conceptuel du progrès (tout spirituel qu'on se le représente) pour se consacrer pleinement à vivre ici et maintenant, pour se placer au centre de la croix que forme les chemins horizontal et vertical.
En ce sens le propos d'Ekhart Tolle me semble une aide précieuse pour amener/inciter notre conscience à vivre ce point précis, sans bavardage intérieur, dans l'acceptation de ce qui est perçu ici et maintenant. La question de l'observateur-observé prend alors tout son sens dans cet « éveil » ou, pour le dire autrement, de désidentification à soi-même.
Et en effet s'ouvre un état où la question du progrès comme on l'entendait apparaît sous son vrai jour : celui d'un leurre, d'une fuite en avant où se joue les questions du passé, avec éventuellement ses regrets et de l'avenir avec ses espoirs et ses craintes.
Sortir ce ça demande de se consacrer à vivre ce qui se passe ici et maintenant, vraiment.
Cela demande de laisser en autre tout le bavardage « gnostique » de côté, ainsi que son propre « parcours spirituel » qui reste une vision temporelle égotique/mental/imaginaire.
Accepter de laisser « la gnose », c'est accepter que tout ce que l'on sait, que l'on a appris, lu, mémorisé etc. n'est que de la théorie, du bavardage.
Pas facile de se montrer pragmatique, de redescendre sur terre, d'être simplement là, attentif, tel un nouveau né qui découvre le monde. Pas facile de ne pas s'en faire tout de suite une histoire, un commentaire. Mais en dehors de cette simplicité à être là (qui me semble le prémisse incontournable à l'éveil), on fait quoi à part se raconter des histoires ?
Bon, voilà, j'ai fini mon histoire
Amitié.