alors qu'elle était âgée de dix ans et demi, et que la guerre avait commencé ses ravages.
A aucun moment, elle n'écrit qu'elle a été violée par son père. Mais on le lit très bien. «J'ai de plus en plus peur de mon père. Il le sent. Il le sait./ (") Un soir, à Tarbes, mon univers bascule dans l'horreur. J'ai dix ans et demi./ Les enfants se taisent parce qu'on refuse de les croire./ Parce qu'on les soupçonne d'affabuler./ Parce qu'ils ont honte et qu'ils se sentent coupables./ Parce qu'ils ont peur./ Parce qu'ils croient qu'ils sont les seuls au monde avec leur terrible secret./ (") Sûr, il m'a fallu un sacré goût de vivre, une sacrée envie d'être heureuse, une sacrée volonté d'atteindre le plaisir dans les bras d'un homme, pour me sentir un jour purifiée de tout, longtemps après.»
extrait du journal : Libération
Etrange comme un tel drame a pu inspirer une si belle chanson !
Belle transmutation !
1/ Barbara : l'aigle noir (magnifiquement illustré de dessins et photographie bien que ce soit l’œuvre d'une fan gothique)
2/ Barbara : l'aigle noir en représentation
Un beau jour, ou peut-être une nuit,
Près d'un lac je m'étais endormie,
Quand soudain, semblant crever le ciel,
Et venant de nulle part,
Surgit un aigle noir,
Lentement, les ailes déployées,
Lentement, je le vis tournoyer,
Près de moi, dans un bruissement d'ailes,
Comme tombé du ciel,
L'oiseau vint se poser,
Il avait les yeux couleur rubis,
Et des plumes couleur de la nuit,
A son front brillant de mille feux,
L'oiseau roi couronné,
Portait un diamant bleu,
De son bec il a touché ma joue,
Dans ma main il a glissé son cou,
C'est alors que je l'ai reconnu,
Surgissant du passé,
Il m'était revenu,
Dis l'oiseau, ô dis, emmène-moi,
Retournons au pays d'autrefois,
Comme avant, dans mes rêves d'enfant,
Pour cueillir en tremblant,
Des étoiles, des étoiles,
Comme avant, dans mes rêves d'enfant,
Comme avant, sur un nuage blanc,
Comme avant, allumer le soleil,
Etre faiseur de pluie,
Et faire des merveilles,
L'aigle noir dans un bruissement d'ailes,
Prit son vol pour regagner le ciel,
Quatre plumes couleur de la nuit
Une larme ou peut-être un rubis
J'avais froid, il ne me restait rien
L'oiseau m'avait laissée
Seule avec mon chagrin
Un beau jour, ou peut-être une nuit,
Près d'un lac, je m'étais endormie,
Quand soudain, semblant crever le ciel,
Et venant de nulle part,
Surgit un aigle noir,
Un beau jour, une nuit,
Près d'un lac, endormie,
Quand soudain,
Il venait de nulle part,
Il surgit, l'aigle noir...